Ma première expérience de Temazcal, mais qu’est-ce que c’est que ça?

Le Temazcal est un rituel originaire d’Amérique Central qui a pour but de traiter le corps et l’esprit.
Mais comment ça marche? Laisse moi te raconter mon expérience!Samedi, 15h, une amie me propose de participer à un rituel indigène le lendemain à la même heure. Je ne sais pas toi, mais quand je suis dans un pays, j’ai envie de tout connaître de la culture et des traditions. Alors tu t’imagines bien que j’ai dis oui sans attendre! Elle m’explique que ça va être un peu comme un sauna et que je dois emmener des affaires adaptées. C’est un peu près tout ce que je sais à ce moment-là.

Me voilà donc le dimanche, en route pour ce rituel indigène, impatiente et excitée à l’idée de participer à ce genre d’expérience. Je retrouve mon amie et nous nous rendons ensemble sur place. La première chose que je vois, c’est ça :
DSC09174L’endroit donne déjà envie non?
On marche un petit peu, jusqu’aux arbres et on arrive ici :
DSC09175OK, donc, il y a une hutte, un feu, mais ça ne m’en dit pas plus. Avançons encore un peu pour en savoir plus!
On est accueilli par un ami de mon amie, de l’université, qui va diriger en partie le rituel. Il nous invite à les aider à préparer le terrain pour la cérémonie. On aide donc à monter la tonnelle (parce que le temps est changeant ici et qu’il pourrait très bien pleuvoir une fois qu’on sortira de la cérémonie) et on assiste à la préparation du tambour d’eau qui va servir lors de la cérémonie.

DSC09176 DSC09177 DSC09185Dans ce tambour, on met de l’eau, des pétales de fleur, ce qui semble être de l’écorce d’arbre et des coquillages. Ces derniers sont répartis selon les 4 points cardinaux. On recouvre ensuite le tout avec une espèce de peau de chamois. Sur les bords du tambour sont placées 7 billes, qui sont ensuite bien ficelées.  On attache donc bien le tout et le tambour est prêt.
DSC09186A notre tour de nous préparer. Pour le rituel, il vaut mieux être habillé légèrement : t-shirt et short ou robe légère et le tout avec un maillot de bain en dessous. Il faut aussi penser aux vêtements de rechange (et surtout aux sous-vêtements! J’y avais pas pensé à ceux-là! Ça m’a fait une petite expérience sans sous-vêtements pour rentrer à la maison 😉 ).
Une fois changées, nous rejoignons tous les gens qui se sont déplacés pour l’évènement (et il y en a! Je me demande d’ailleurs toujours comment on a fait pour tous rentrer là-dedans!) et on fait la file pour pouvoir rentrer dans la hutte.
DSC09179Avant d’entrer dans la hutte, il faut se pencher devant des braises et avec tes mains, amener la fumée à ta tête, ton cœur et ton ventre, dans un geste de purification de son corps et son esprit. J’entre ensuite à 4 pattes dans la hutte et, par la gauche, vais rejoindre le cercle de gens assis autour du trou qui accueillera bientôt de grosses pierres chaudes.
On nous explique comment ça va se passer. Il y aura 4 cycles au total. Entre chaque cycle, on ouvrira la hutte, on aura un temps de repos et on recommencera un nouveau cycle en amenant à nouveau 7 pierres. Il y en aura donc 28 au total. Elles représentent les ancêtres et à chacune d’elles on donne le nom d’une des montagnes d’Équateur, le nom d’un esprit protecteur, d’un ancien. Sur les pierres, on va verser soit de l’eau, des herbes et de l’eau aromatisée et à chaque fois, on s’enveloppe la tête, le cœur et le ventre avec la fumée qui s’en dégage.

On ferme la hutte, cette hutte qui représente le ventre de la Terre, de la Pachamama. On est dans le noir total et le premier cycle peut commencer.
C’est le cycle du vent, il représente les années de vie de la naissance à 3 mois.
On nous invite à avoir une intention, une souhait, quelque chose qu’on veut changer ou apporter, à soi ou à quelqu’un d’autre, durant cette cérémonie.
Une fois mon intention trouvée, je me laisse porter par les chants, le tambour et le hochet qui se mettent à raisonner, tout en gardant bien dans un coin de ma tête cette intention. Les chants sont des chants sacrés, des chants de cérémonie de médecine qui vont aider à purifier le corps et l’esprit, qui vont aider à entrer en méditation.
On jette de l’eau sur le feu et la chaleur monte rapidement. Après quelques minutes, je suis déjà en sueur.
Entre les chants, les participants sont invités à prendre la parole et à s’exprimer leurs reconnaissances : pour leur famille, d’avoir un toit au-dessus de sa tête, pour les femmes du monde qui sont extraordinaires et sans qui cette planète ne tournerait pas juste et qu’ils respectent beaucoup, pour les étrangers qui s’intéressent à la culture indigène et qui sont les bienvenus et font parti de la famille maintenant… Des témoignages très touchants qui apprennent à être reconnaissant de tout ce que tu as et de tout l’amour qui est autour de toi.
Pour exprimer ton accord avec ce qui est dit et soutenir la personne, tu peux dire un « aho ». Les aho volent donc en tout sens 🙂
Finalement, on appelle à l’ouverture de la porte avec des « aho » énergétiques et le premier cycle se termine. Il commençait à faire vraiment chaud là-dedans, l’air frais de dehors est le bienvenu.
Une petite pose s’impose! Les instruments sont sortis pour être purifiés. Quant à nous, on s’étend, on se couche, on respire la brise fraîche et c’est déjà le moment de s’y remettre.

On entame alors le deuxième cycle, celui de l’eau, qui correspond aux âges de 3 mois à 24 ans. Il ressemble plus ou moins au premier cycle, sauf que la chaleur a encore augmentée. Je sue beaucoup, mais la chaleur est supportable. J’essaye de me concentrer sur mon intention, mais j’ai plein de choses qui me passent par la tête et je ne parviens pas à me détendre. Je commence à avoir soif et, heureusement, quand le cycle se termine, on nous offre à boire. Je crois que jamais de ma vie je n’ai apprécié autant l’eau que durant cette cérémonie! C’était meilleur qu’une gaufre chantilly-fraise après des années de régime sans gluten/lactose, c’est pour dire!

Le troisième cycle, celui du feu, celui des 25 au 38 ans. Il commence toujours avec les pierres, l’eau jetée dessus, les herbes, l’enveloppement avec la fumée… Il y a toujours des chants, des remerciements, des « aho ». On y ajoute le tabac liquide que l’on va absorber par les narines, qu’on va snifer quoi. J’en prends donc un peu dans ma main et le renifle. Je sens bien le liquide passer dans mon nez, ça pique, mais c’est supportable. Pour d’autres, la réaction est beaucoup plus intense. J’en entends tousser comme des dératés, renifler à tout bout-de-champs. Je me dis que peut-être je n’en ai pas pris assez. Le tabac est un adjuvant pour encore une fois purifier le corps et l’esprit. Je parviens mieux à me détendre et à être présente à ce qui se passe autour de moi.
Mais ensuite, la chaleur monte. Elle devient étouffante, insupportable. Je sens mon visage qui brûle et ça devient difficile de respirer. C’est vraiment très intense et en plus, à force d’être assise par terre, les jambes fléchies, je commence à avoir très mal au dos.
Quand la porte s’ouvre, c’est un soulagement. On en ouvre même une autre, tellement la chaleur est intense! Je n’ai jamais autant été heureuse de m’allonger et de sentir le vent froid sur ma peau. Le sentiment de bien être à ce moment est indescriptible.

Pour le quatrième cycle, celui de la Terre, de la Pachamama, des 39 à 52 ans, je décide de rester allongée. On nous repasse le tabac liquide et cette fois j’en prends une bonne poignée! Je peux te dire que je l’ai bien senti passer! J’avais le nez et la gorge en feu et je ne pouvais plus m’arrêter de tousser. Pour être purifiée, je l’étais!
Ce dernier cycle fût pour moi le plus intense. La chaleur était forte, les paroles des gens touchantes et les chants envoutants. J’ai réussi à visualiser mon intention durant tout le cycle et à y mettre toute mon énergie. Ce que j’ai ressenti était tellement fort que j’ai fini la cérémonie en pleurant doucement. Ce n’était pas de la tristesse, mais juste une montagne d’émotions.

Lorsque tous les cycles sont terminés, il ne reste plus qu’à sortir. Je m’enveloppe une dernière fois de fumée et me voilà dehors, dans le froid de la nuit.
Tout le monde s’embrasse, se donne des accolades et on me félicite pour le chemin parcouru. On me dit que je fais maintenant parti de la famille et je me sens merveilleusement apaisée et à ma place. Trempée de sueur, je me réchauffe auprès du feu en observant le ciel étoilé qui est si différent de l’autre côté du monde. Je pense à toutes les personnes que j’aime et à tous les êtres vivants sur cette planète et je leur envois toute cette magnifique énergie dont je suis remplie.
On nous offre de la banane et de la pastèque pour nous rassasier et ce sentiment est formidable. J’avais l’impression de manger pour la première fois de la pastèque.
Enfin, il est temps de me changer, parce que les nuits sont fraîches en Équateur et de rentrer chez moi en paix et sans sous-vêtements!

Le Temazcal a été pour moi une expérience riche en émotions et que je recommande au moins une fois par an! J’y ai rencontré des gens formidables, avec une philosophie de vie que j’aime beaucoup. Je suis d’ailleurs invitée à participer à une autre cérémonie utilisant de l’Ayahuasca, ce breuvage purgatif et hallucinogène d’Amazonie à bases de lianes. Alors reste connecté, parce que l’aventure ne s’arrête pas là!

A bientôt quelque part sur Terre!

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2 thoughts on “Ma première expérience de Temazcal, mais qu’est-ce que c’est que ça?

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